Le procès d’intention de Facebook contre Teachbook pour contrefaçon de marque, signalé dans le magazine Wired et le Chicago Tribune de mercredi dernier, va faire couler beaucoup d’encre …
Teachbook.com est un réseau libre communautaire dans l’État de l’Illinois qui fournit des outils aux enseignants pour les aider à gérer les programmes scolaires. Une petite entreprise de Chicago qui n’a pas encore officialisé son site, avec deux employés sur Northbrook et moins de 20 utilisateurs inscrits. Le choix de l’appellation du site web semble naturel puisqu’il s’adresse aux enseignants.

Facebook est une société de mise en réseau créée par Mark Zuckerberg. La construction du site web a été finalisée en 2004. En 2005, l’achat du nom de domaine facebook.com lui a coûté 200 000 dollars. En 2006, il a pris une dimension internationale. Selon les statistiques de juillet 2010, cela représenterait plusieurs milliards en compte actif avec plus de 500 millions d’utilisateurs. Le 8 août 2010, après avoir acheté 18 brevets à Friendster contre 40 millions de dollars, ce site colossale s’est mis hors d’atteinte de plaintes concernant les fonctionnalités assez basiques présentes dans de nombreux réseaux sociaux concurrents.
Voilà pour la petite histoire. Mais Teachbook.com est-il vraiment une menace pour Facebook.com ? On est en droit de s’interroger.
Le seul lien qui relie ces sites communautaires est le suffixe "book" qui apparaît sur le net. Or, l’appellation de book (livre) appartiendrait exclusivement au réseau social réputé puisque le géant du réseautage poursuit l’entreprise locale devant l’United States District Court à San José, en Californie, pour le simple motif de s’être approprié une partie de son nom. Le mot "book" serait "hautement distinctif dans le cadre des communautés en ligne et sites Web de réseaux, pourrait devenir un terme générique pour tous les services en réseau du net" et "diluer le caractère distinctif de la marque Facebook". Ce qui pourrait générer une confusion auprès des internautes.
Néanmoins, qu’on se le dise, Facebook.com précise bien que les sites des librairies du net ne sont pas concernés par cette interdiction.
Selon le directeur général de Teachbook.com, Greg Shrader, il est fait opposition à son nom de domaine et des dommages-intérêts seraient réclamés. De quoi faire couler la boîte !
Mais cette contre-attaque de Facebook a eu un revers de médaille. Elle a fortement référencé Teachbook qui, en quelques semaines, est sorti de l’anonymat. Teachbook serait de mauvaise fois en poursuivant cette société pour préjudice à sa notoriété. Cette procédure juridique pour contrefaçon de marque, bien connue des entreprises technologiques américaines, a en effet boosté sa visibilité et sa popularité sur le net.
Toutefois, restons un peu sérieux : si le procès en cours tourne en faveur de Facebook, il pourrait bien faire jurisprudence en la matière car Facebook aurait l’exclusivité de la terminologie "book" à titre d’appellation de réseau communautaire et serait donc le seul à pouvoir l’exploiter.
A suivre sans modération.